Lunatique est cette petite, petite maison d’édition bretonne, sise à Vitré (35500) dont le maître-mot serait « entropie » — concept de désordre et d’imprédictibilité du contenu informatif. Le mot grec à partir duquel a été créé « entropie » signifie « transformation ». Lire un livre du catalogue Lunatique, c’est prendre le risque d’être transformé à jamais par ce qu’on va y apprendre sur soi — généralement des failles qu’on ignorait jusque-là, des pensées qu’on n’aurait jamais envisagé un jour concevoir. C’est aussi réaliser qu’il n’y a pas qu’une seule vérité, que la morale n’est pas prescriptible, et que l’on peut, que l’on doit rire de tout pour assécher les larmes. Plus qu’éditeur indépendant, Lunatique se décrète (avec justesse) éditeur pauvre, n’ayant pour seule richesse que sa liberté d’édition.

Si les romans priment, le catalogue s’étoffe année après année de nouvelles collections : 36e Deux Sous propose des textes courts, chics et pas chers ; les nouvelles en recueil ; Dos au mur  est dédiée aux albums illustrés, pour les jeunes et moins jeunes lecteurs ; Parler debout intègre des récits flirtant avec la politique, la philosophie, la sociologie, la religion, et tout ce qui remue les méninges. Quant aux Mots-Cœurs, lancés en 2019, ils distillent leur poésie avec malice. Lunatique publie également, à raison de 2 numéros + 1 hors-série par an, la revue Le Cafard hérétique.

 

Pour des assises de l’édition pauvre

où nous resterions debout !

Texte d’une intervention de Michel Valensi, fondateur des éditions de L’Éclat, aux Troisièmes Rencontres de l’édition indépendante (Marseille, 20-21 février 2012), organisé par l’Agence régionale du livre PACA et la Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône.

Texte repris des éditions Les Moyens du bord